Genéthique

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Logiciels libres et semences paysannes, même combat ?

Récemment, j’ai eu l’idée d’un parallèle entre les logiciels libres et les semences paysannes.

Un logiciel libre est, d’après Wikipédia, « un logiciel dont l’utilisation, l’étude, la modification et la duplication en vue de sa diffusion sont permises, techniquement et légalement. Ceci afin de garantir certaines libertés induites, dont le contrôle du programme par l’utilisateur et la possibilité de partage entre individus. » Les grands principes de ces logiciels sont une plus grande liberté de l’utilisateur, qui peut le modifier à sa guise puis le partager librement, comme ArkSeth l’explique très bien ici.

De la même façon, les semences paysannes sont sélectionnées, améliorées et multipliées par les agriculteurs, qui peuvent se les échanger et mettre en place un réseau d’entraide, par opposition aux semences commerciales où l’agriculteur se contente d’acheter.

Or ces semences « libres » ne sont pas forcément une concurrence envers les sélectionneurs, puisqu’il s’agit souvent de variétés peu adaptées à l’industrie, ou encore de variétés tombées en désuétude (le pois-chiche par exemple, pour lequel il n’existe plus que 3 vieilles variétés au catalogue). Ces semences intéressent seulement une proportion réduite de paysans, de la même façon que GNU/Linux n’intéresse pas tous les utilisateurs d’ordinateurs.

J’ai fait quelques recherches et j’ai trouvé ce papier de Guy Kastler, de Semences Paysannes, qui a eu la même réflexion que moi. Ce texte n’est pas objectif mais a le mérite de bien expliquer la situation actuelle dans le monde de la semence tout en la reliant à l’exemple des logiciels libres.

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3 commentaires sur “Logiciels libres et semences paysannes, même combat ?

  1. ArkSeth
    19/10/2012

    Merci pour la pub’ 🙂

    Les deux modèles sont en effet assez pertinents à rapprocher, je trouve ; surtout en ce qui concerne l’évolution des « contenus » proposés : les semences doivent s’adapter aux évolutions de l’environnement, comme les logiciels doivent être maintenus pour suivre l’évolution des matériels et des bibliothèques. Dans les deux cas, il est possible de faire des forks pour suivre plusieurs objectifs différents. Il y a pas mal de similitudes assez intéressantes à creuser, je trouve.

    Une question : tu fais ici une opposition entre semences paysannes et semences commerciales en disant que l’agriculteur « se contente d’ » acheter les secondes, alors qu’il sélectionne, améliore et multiplie les premières.
    Dans le logiciel libre, une partie des utilisateurs contribuent effectivement ; diffusent et apportent des modifications ; mais (surtout avec les systèmes axés grand public comme Ubuntu) une proportion importante d’utilisateurs se contente d’utiliser, comme ils l’auraient fait avec du logiciel privatif (pour autant, ceux-ci sont loins d’être inutiles : le simple fait d’être nombreux dans un modèle particulier lui donne plus de poids face aux autres modèles)
    Je me demande donc quelle est la proportion d’agriculteurs utilisant des semences paysannes, mais sans « contribuer » davantage qu’en faisant nombre ?

  2. k4ede
    19/10/2012

    Ce n’est pas une question facile, mais je dirais que, comme dans la majorité des cas les agriculteurs effectuent une sélection massale, ils contribuent tous à faire évoluer leurs variétés. Le parallèle avec l’informatique est un peu plus dur à dresser, mais on pourrait dire que les utilisateurs améliorent un peu les logiciels libres chacun de leur coté : rapport de bug, personnalisation… Mais en effet, seules quelques personnes vont faire un réel travail d’amélioration et surtout de diffusion par la suite.

    En France, c’est particulièrement rare vu la législation actuelle, mais il existe, entre autres initiatives, quatre programmes de « sélection participative », qui allient agriculteurs et chercheurs afin de créer des semences paysannes de meilleure qualité. Ce sont donc des contributeurs officiels à l’amélioration des semences paysannes ! Je les présenterais sans doute dans un prochain article.

  3. ArkSeth
    19/10/2012

    ‘kay, je crois que je vois à peu près.

    (Note personnelle : ce qui est cool aussi, avec les concepts du logiciel libre, c’est que ça peut faire échos à pas mal de trucs autres que l’informatique. On voit généralement assez bien les applications aux productions artistiques et culturelles (licences Creative Commons, notamment), et ton parallèle avec l’agriculture est intéressant, mais je pense qu’on peut trouver des trucs analogues dans pas mal d’autres domaines aussi)

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Cette entrée a été publiée le 26/09/2012 par dans Semences.